La France annonce un changement majeur pour ses services de renseignement

Les services secrets français signent avec Palantir, le géant américain proche de Trump et Israël

Une annonce qui intervient dans un contexte tendu

L’annonce du Premier ministre intervient dans un contexte particulièrement sensible. La semaine dernière, le président américain Donald Trump a en effet interdit à une autre entreprise américaine, Anthropic, de fournir ses systèmes d’intelligence artificielle Claude Fable 5 et Mythos 5 à toute personne étrangère, qu’elle se trouve sur le territoire américain ou non, y compris aux employés étrangers d’Anthropic. Washington avait alors justifié cette décision par des “impératifs de sécurité nationale”.

Cette décision a toutefois été un nouveau signal d’alarme pour la France : les États-Unis peuvent couper l’accès à des infrastructures technologiques essentielles immédiatement et sans aucun remord, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle.

Palantir, au lendemain des attentats de Paris

Pour rappel, c’est au lendemain des attentats du 13 novembre 2015 à Paris que les autorités françaises, désemparées, avaient cherché dans l’urgence des alliés capables de gérer et exploiter un maximum de données. Palantir, l’entreprise fondée par Peter Thiel juste après les attentats du 11 septembre pour faciliter la circulation de données entre institutions comme le FBI et la CIA, s’était alors imposée en France comme logiciel des service de renseignement.

Mais plus de 10 ans plus tard, des inquiétudes étaient apparues. Au-delà de la dépendance aux technologies américaines, la proximité de Palantir avec le président américain Donald Trump, son utilisation dans la déportation de masse par la police de l’immigration américaine ICE et plus récemment son rôle dans les frappes en Iran et son aide à l’armée israélienne avaient contribué à nourrir certaines préoccupations.

“Maven Smart System” : l’IA de la controversée Palantir utilisée dans les frappes au Moyen-Orient

ChapsVision, l’alternative française

Si le gouvernement français avait tout de même décidé de renouveler son contrat avec le géant américain fin décembre 2025, la France cherchait en parallèle une alternative crédible. C’est désormais le cas avec ChapsVision, une entreprise fondée en 2019 par Olivier Dellenbach, un entrepreneur français qui avait fait fortune quelque temps auparavant grâce à la vente pour 1,3 milliard d’euros du logiciel eFront, rapporte Le Monde.

À noter que l’Allemagne, elle, avait déjà pris une décision similaire le mois dernier en choisissant, avant la France, le logiciel français pour son agence du renseignement intérieur à place de Palantir. ChapsVision espère maintenant convaincre d’autres partenaires en Europe. Toutefois, dans le secteur privé, l’entreprise américaine détient encore le monopole de données de plusieurs entreprises dont Airbus, Stellantis ou encore de la Société générale, rapporte RFI.