les entreprises françaises face au « feuilleton » des droits de douane

« C’est un feuilleton sans fin. Mais il y a plus de résignation que de panique », résume Annie Berthelot, directrice générale de Bretagne commerce international. Pour les entreprises françaises comme européennes, le soulagement d’apprendre, vendredi 20 février, que la Cour suprême américaine invalidait les importants droits de douane dits « réciproques » imposés ces derniers mois par l’administration Trump au reste du monde, a été de courte durée. Depuis, le dirigeant américain a annoncé une surtaxation de 15 % dès ce mardi, des importations en provenance de tous les pays durant 150 jours, soit le niveau maximal autorisé par la ‌loi. Pour étendre au-delà cette mesure, le président devra recevoir l’accord du Congrès.

« J’ai un container prêt à partir pour les États-Unis. Mais si les taxes changent à nouveau, ça remet en question l’accord qu’on a négocié avec notre importateur sur place pour se partager les coûts liés à cette taxe, peste Benoît Brocard, rencontré sur le Salon de l’Agriculture. On a en effet tous les deux fait un effort sur nos marges pour éviter de pénaliser le client », raconte ce directeur du domaine Jean-Louis Brocard (30 salariés et 90 hectares), dont les vignes sont situées autour de Saint-Emilion.

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Depuis le retour de Donald Trump il y a un an et ses multiples annonces et revirements sur les droits de douane, « nos entreprises ont été obligées de réanalyser leur stratégie, de revoir leur chaîne logistique, raconte Annie Berthelot. Non sans surcoût : « nos entreprises bretonnes ont perdu 100 millions, sur 700 millions d’euros d’exportations aux États-Unis. » Même si le marché américain ne représente que 7 % des exportations bretonnes, qui vendent à 70 % dans le reste de l’Europe.

Sa plateforme les accompagne et les conseille, avec quatre expertes dédiées. « Mais globalement les entreprises qui exportent sont déjà plus agiles, plus innovantes que les autres »…